mardi 13 mai 2008

Étrange

Je ne sais pas si vous avez remarqué, vous aussi, mais certains poissons nous (enfin moi surtout) regardent bizarrement. Beaucoup de poissons n’ont pas vraiment de regard, mais le mérou, la blennie ou le serran par exemple orientent leur pupille bien noire vers nous et nous suivent du regard alors que d‘autres comme la murène sont obligés de tourner la tête et sont de suite repérés.

On le voit bien qu’ils nous surveillent et qu'ils attendent la moindre bêtise de notre part pour faire un compte rendu détaillé de nos activités subaquatiques à Poséidon.



Je ne sais pas l’exprimer ; je sens leur regard sur moi, plongeur qui surgit en intrus dans un milieu aquatique qui n’est pas le mien.

L’air de rien, le serran me surveille. Que regarde-t-il ? Aurais-je effleuré de mes palmes une fragile gorgone ?



Parfois, il me tourne le dos et, mine de rien, se retourne un instant pour me surveiller ; mais je l’ai vu, et je sais qu’il m’épie. Telle une Joconde aquatique, le serran me suit de son regard où que je palme.



Et quand il se sent repéré, il fait volte face et disparaît immédiatement comme par magie. Ce n'est pas normal, ça. C'est bizarre quand même...

Schizophrène palmipède, devrai-je descendre plus loin dans les profondeurs océanes où les serrans ne mouillent plus leurs écailles ? J’aimerais bien savoir ce qu’il se dit des hommes grenouilles au pays de Poséidon ou de Neptune.

Serran, je le crie bien fort : j'ai repéré ton manège, tu es démasqué !



Oui bon ben ce n'est pas la peine de me regarder comme ça, quoi.
Allez, sans rancune.
Faut que je retourne à ma thérapie, moi. La plongée.

dimanche 20 avril 2008

Zénith

La surface des eaux est la limite visible entre la vie aérienne et le monde sous-marin. C'est aussi le commencement et la fin de l'aventure sous-marine du plongeur (hormis pour certaines activités post-plongées qui n'ont pas lieu d'être mentionnées ici ; "on" est sérieux ici).



Sous cette surface, la faune et l'environnement sous marins indiquent au plongeur la direction de la lumière : le zénith.



Les éléments matériels à leur insu en montrent parfois la direction.
La poupe d'une épave se redresse sans espoir de rejoindre un jour la surface, quoique avec une éventuelle glaciation tous les 15000 ans...



Les mâts des épaves désignent en une ultime érection la direction des airs. Attention, ce n'est vrai que pour les épaves qui reposent correctement, bien à plat au fond des mers.



Les canons se redressent au zénith, en mal de combat, pour une dernière salve imaginaire en votre honneur de plongeur.





Plus subtile, la faune invite à de nombreux détours avant de rejoindre la surface...



... souvent avec poésie, à condition de ne pas effrayer le délicat spirographe.





Avant tout, vous devriez sortir des épaves, tunnels, grottes et galeries sous-marines (sinon vous allez vous cogner la tête !)...





Puis suivez la lumière (ne vous y méprenez pas, vous pouvez aussi voir dans la plongée une philosophie de la vie, mais pensez quand même à remonter à la surface).





Le retour est proche...



... la fin de la plongée aussi !

samedi 1 mars 2008

Passage

Au détour de nos promenades subaquatiques, nous aimons suivre les reliefs des fonds marins.
C'est au détour d'une roche que l'on va surprendre le mérou respectable, le couple de corbs, ces poissons qui préfèrent la solitude seuls ou à deux.



L'itinéraire est libre.
A gauche (doit-on dire bâbord ?)


ou à droite ?


Petit à petit, le plongeur développe un instinct sous-marin, il s'intègre à la faune sous-marine et si les poissons l'acceptent, il pourra faire partie de la patrouille des saupes.



Nous aimons tourner en rond, revenir dans des lieux connus, en suivant des itinéraires qu'on serait bien incapables de définir.





Parmi le labyrinthe des roches et des gorgones, nous glissons lentement, silencieusement, religieusement. Avec respect.



Nous pénétrons sous la terre sous la mer, plus près du cœur de notre Terre.



Notre respiration se ralentit. Notre rythme vital s'accorde avec celui des êtres marins.
Cette communion avec la Terre devient un rite initiatique.
La plongée devient un passage.



Un passage vers la conscience des immensités qui nous entourent.

mercredi 30 janvier 2008

Vous avez dit blennie ?

Nous ne connaissons strictement rien à la blennie. Qu'on se le dise.

Aussi, à travers quelques photos qu'elle a bien voulu nous accorder, observons attentivement la blennie pour en apprendre un peu plus sur cette étrange créature marine...


La blennie vit dans un trou (rocher, éponge...) et elle est mignonne.


Alors bébé blennie vit dans un petit trou.


La blennie a des antennes sur la tête. Elle doit recevoir tout un tas d'informations avec ça. D'un autre côté, ça ne fait pas très sérieux non plus.


Pour se cacher, la blennie emploie aussi la tactite du caméléon ; mais ça ne fonctionne pas et personne n'a osé le lui avouer.


La blennie a les yeux rouges. J'aurais dû régler mon appareil photo pour supprimer l'effet des yeux rouges.


Parfois, la blennie gîte ; ça n'a pas l'air de la gêner beaucoup. Vous croyez peut-être que j'ai incliné mon appareil photo ?


Les blennies sont peureuses ; sinon pourquoi se cacheraient-elles ainsi ?


Celle-là n'a rien à cacher ; serait-elle exhibitionniste ? Vous remarquez, quand elles ne sont pas dans un trou, elles sont souvent sur un tapis rouge.


On aurait pu s'en douter, la blennie n'est pas qu'une tête de poisson (on pourrait le croire si on n'en voit que dans des trous) : elle a aussi une nageoire caudale et une superbe nageoire dorsale. Elle n'a pas encore été victime du "finning" chinois.


La blennie a une parure très belle. Les modèles varient du bleu foncé uni au brun avec des carreaux en passant par le jaune vif.


La blennie se tient sur deux pattes. Souvent ces appendices sont masqués par les nageoires.
Quand elle est excitée, elle redresse sa nageoire dorsale, il arrive alors que la blennie soit coincée dans son trou.


On voit rarement une blennie nager ; elle saute d'un trou à un autre et prend la position dite "de la blennie". C'est assez peu érotique.


Je me demande ce qu'une blennie peut garder dans son trou. Elle y cohabite souvent avec des crabes ou des coquillages. Elle fait alors office de porte.


Comme mon chat, la blennie prend du bon temps, elle se prélasse, couchée de tout son long.


La blennie est un poisson sympathique, qui sourit au plongeur qui la photographie.


La blennie serait-elle sédentaire, vivant dans son petit trou, la tête à la fenêtre pour discuter avec ses copines et voir passer ces étranges hominidés palmipèdes ?
La profession principale de la blennie est "concierge".



La blennie est un petit poisson photogénique ; cela nous change de ces gros poissons qui ont l'air de faire la gueule et qu'on est obligé de poursuivre ou de surprendre.
Ces poissons nous sont sympathiques, nous sommes attirés par leur caractère néoténique (gros yeux, bouille ronde, bouche lippue ). Au contraire, nous éprouvons naturellement de l'aversion pour les poissons aux petits yeux, long museau, front fuyant (murène, barracuda, baudroie...).
Et bien tout cela est injuste. La blennie mérite tout autant la bouillabaisse que la baudroie.

dimanche 23 décembre 2007

Ambiance

Il n'y a rien à voir sur ce site de plongée, m'a dit un plongeur, après avoir gagné le trophée du meilleur palmage. De quoi parle-t-il, de mon site internet sur la plongée, ou du lieu où l'on vient de plonger ?



Ben c'est pareil. Si tu ne vois rien sur ces photos, alors tu ne vois peut-être rien derrière la vitre de ton masque.



Car en plongée sous-marine il s'agit de ressentir ce que les yeux ne voient pas. Il faut ressentir les rayons du soleil, la lumière, les couleurs, l'élément liquide, au-delà de la vision des paysages, de la faune et de la flore.



Dépasser la vision première. Ressentir la mer.



Communier avec l'élément liquide.
Je me suis dissous dans l'océan.



Goutte d'eau dans le bleu infini...

Bref, la plongée, c'est aussi très immatériel.

dimanche 9 décembre 2007

Lumières

La saison hivernale se prête aux contemplations sous-marines, lorsque seuls restent les plongeurs passionnés. Les méduses se donnent alors en spectacle.



Habillée de sa robe de lumière ornée longs filaments, la pélagie nage rapidement dans le courant, autour de plongeurs qui l'ont à peine remarquée.



Cette petite méduse navigue en pleine eau au large. Et s'il n'y avait une épave posée sur les fonds marins, jamais nous n'aurions le plaisir de l'admirer pendant les paliers de décompression.



Je vous propose une plongée entre deux eaux au large de la côte, sans même voir le fond, simplement pour se laisser emporter sereinement par les courants et les rayons du soleil.

Laissez l'eau et la lumière vous emporter, comme dans un rêve ou un conte pour enfants, lorsqu'un sortilège a transformé le prince charmant en méduse. Vous pourrez toujours vous réveiller en fin de plongée !

jeudi 25 octobre 2007

Mythologie

Méduse...
On me dit aux cheveux de serpents. Ne les voyez-vous pas pour vous y emmêler ?
Et mon regard pétrifierait les plongeurs qui me croisent, "médusés"...



Pourquoi ne voyez-vous pas en moi le symbole des océans ? Je ne suis composée que d'eau et de poésie.
Emportée par les courants, je suis aussi voilier sous marin sans prétention.
Je suis la source de vos mythes et de tant de contes de votre enfance.



Enfant j'étais fixée aux rochers, telle mes parentes gorgones, n'attendant que le jour de la libération pour accomplir ce grand voyage.



Sachez voir la beauté dans la délicatesse...
La nature est artiste. J'en suis un chef d'oeuvre.

Nota du "webmaster" : pas très modeste, la méduse, quand même !