Au printemps, l’eau prend souvent des teintes vertes ; les plongées se font dans une ambiance crépusculaire qui ont leur charme, un peu comme lorsqu’on se promène dans le brouillard au Mont Saint Michel.
Un exemple ? Une plongée du week-end dernier sur le site de la Moulade, à Collioure, en présence d’Homo palmus, notre célèbre plongeur biologiste.

Remarquez que je ne m’en plains pas : la présence de ces micro-algues vertes dans l’eau sont dues au réchauffement des eaux en surface. Par ailleurs, les étoiles de mer glaciaires se font plus rares ;-)
Durant ces plongées, on essaie de ne pas perdre sa palanquée, et on observe plutôt les petites bébêtes.
Pour ma part, j’aime concilier les petits sujets avec le paysage qui fait ressortir l’ambiance de la plongée.

Les nudibranches nous offrent des palettes de couleurs moins vertes. La godive orange est plutôt… orange, bravo !

Et la tilodyne jaune ?

C’était facile !
Quand la lumière est absente en plein après-midi, les petites cigales nocturnes perdent leurs repères temporels.

Celle-là vient renifler mon objectif… mince, c’est flou !
Les petites étoiles de mer ajoutent une note de rouge à la palette de cette plongée.

Celle-là a eu un accident, elle a traversé le site de plongée sans regarder et s’est retrouvée avec un bras en moins ; mais quel plongeur assez affamé a pu l’amputer ainsi sauvagement ? (non, ce n’est pas moi).
J’ai oublié de vous dire que ce jour là, j’ai trouvé une plaquette blanche du trésor 2009, correspondant à une plongée gratuite chez Antares Sub. Trouver cette plaquette en plongeant chez Antares Sub, c’est un comble !
Donc ça, c’est quand l’eau est verdâtre.
Mais il y a en Roussillon la Tramontane, vous savez, je vous en parle souvent, il a les mêmes effets que le radjaïdjah, le « poison qui rend fou ».
La tramontane a soufflé fort plusieurs jours, puis s’est calmée en fin de semaine.
Ce matin, je vais utiliser ma plongée gratuite chez Sylvain donc ; au programme, l’Alice Robert.
C’est que la mer est calme, et le soleil est au rendez-vous.

Le cap Béar est visible depuis Port Argelès, et on devine au loin le cap Creus.

Sylvain, notre capitaine, largue une gueuse à l’emplacement indiqué par son GPS, dont les coordonnées sont gardées secrètement dans un coffre dont la clef est cachée au fond d’un puits…

On s’apprête à descendre, l’épave nous attend 40m plus bas… Autour de nous, le vert semble avoir disparu : c’est le Grand Bleu ! Merci qui ? Merci la Tramontane !
La gueuse nous mène à côté du mât. Suivez-nous, je vous invite à visiter le Bananier !

À la proue, un canon horizontal attend un dernier ordre qui ne viendra jamais pour tirer…

Mais Sam mène la promenade, il semble décidé à profiter de la bonne visibilité pour faire le tour de l’épave, moins la partie arrière, manquante…

C’est bon, Sam, j’ai fait la photo, tu peux quitter la pose !
J’ai oublié de vous préciser que la proue du Bananier est habitée par un poisson sympathique que nous aimons bien croiser.
Ah, le voilà !

Le poisson lune vient dans notre direction ; un petit poisson semble l’accompagner !
Puis il effectue un large virage et se perd dans le bleu infini.

Vu de derrière (ou de face), le poisson lune n’est pas très épais !
D’autres canons attendent l’ennemi.

Nous revenons vers le château (mais où se cache la Belle aux bois dormant ?).

Des anthias vermeils nous font la fête…
D’immenses filets à petite maille (2 cm) recouvrent le château côté bâbord. Ils ne semblent pas dangereux pour les poissons environnants (que peut-on pêcher avec ça, la crevette ?).

En revanche, ils pourraient piéger facilement un plongeur qui voudrait ressortir des coursives bâbord.
Le schtroumpf plongeur serait le plus exposé.

Un congre se cache sous les tôles…

Les poissons de l’épave semblent apprécier l’eau ferrugineuse et la rouille…
Sur le château, un véritable aquarium nous attend.

Des anémones bijoux recouvrent de nombreuses parties de l’épave (certaines poutres du château, le mât, les canons…).

Derrière le château, un double canon sur une tourelle attend également l’ordre de mise à feu.

Enfin, juste avant la cassure, un dernier canon (simple) pointe au zénith.

Nous ne pouvons pas trop nous attarder… l’ordinateur affiche quelques minutes de paliers déjà.
Nous repassons de l’autre côté de la tourelle du double canon.

Sam est toujours devant, suivons le guide !

Oh, une petite sabelle… il y a quelque chose qui remonte du tuyau à côté !

Je tire sur la queue du congre ? Non, je vais le laisser là, dans la position de l’autruche (non ce n’est pas cochon).
Nous nous rapprochons du mât le long duquel nous allons entamer notre remontée.
Une petite doris rose utilise les mailles d’un filet pour escalader le mât.

La remontée se fait lentement le long du mât… Du haut du mât, nous rejoignons le bout qui nous mène aux 14 mn de paliers inscrites à mon ordinateur.
14 mn ?
Zut, j’avais durci mon ordinateur lorsque j’avais effectué deux plongées dans la matinée un week-end précédent… Les yeux de mes compagnons de palanquée s’exorbitent lorsque je leur annonce mon temps de paliers ! Eux même n’ont que 6 mn d’affichées. Tant pis, on fera tous 14 mn !

On verra ainsi remonter les autres palanquées, qui feront leurs paliers et rejoindront la surface avant nous.
J’en profite pour me balader autour du bout, en cercles pas trop larges qui me permettent de toujours voir mes compagnons.
Je poursuis des créatures certainement venues d’ailleurs…

Peut-être sont-elles attirées par nos bulles saturées d’azote ?
Elles n’ont pas de couleur, elles ne sont que lumière.
Elles naviguent dans le faible courant, telles des vaisseaux extra-terrestres.

Des centaines d’êtres ressemblant à des gamètes sont agrippés à ce vaisseau, prêts à conquérir le Grand Bleu.
Mais les 14 mn de paliers se terminent et je ne veux pas prendre de risques avec ces créatures bizarres.
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L’Antares fend les flots, laissant derrière nous l’Alice Robert, son poisson lune et ses créatures célestes.

Le monde doit savoir…
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Post scriptum : merci à Sylvain et à son équipe pour cette superbe plongée sur l’Alice Robert (Bananier) offerte par letresor.net
(Article publié initialement sur le forum de Passion-Plongée le 30 mai 2009)